portrait d'une femme

Rencontre avec Laurence Maleyran

Cinquante nuances de grès

À Listrac-Médoc, Laurence Maleyran incarne la quatrième génération des Grès Médocains, une entreprise familiale qui perpétue cet artisanat local.

Entrepôt où sont exposées les poteries des Grès Médocains
© Nico Pulcrano

Depuis quand existent les Grès médocains ?

Mon arrière-grand-père a racheté cette entreprise en 1908. L’activité a évolué au fil des années avec la fabrication de briques pour les bâtiments, de carrelage, de pots pour récolter la résine des pins… Aujourd’hui, nous réalisons surtout des poteries décoratives pour la cuisine ou le jardin.

C’est important pour vous d’être installée ici ?

Oui, car notre carrière d’argile est juste à côté de l’usine. C’est une terre riche qui permet de fabriquer des grès que l’on cuit à très haute température pour les rendre résistants, même à l’extérieur. 

Autrefois, chaque village avait sa briqueterie, sa tuilerie, des activités artisanales qui ont été remplacées par l’industrie. La terre n’est pas inépuisable et nous prélevons peu d’argile chaque année pour permettre à notre entreprise de perdurer.

Laurence Maleyran, Les Grès Médocains

Laurence de profil qui attrape une poterie sur une étagère en hauteur
© Nico Pulcrano

Vous proposez des ateliers pour les enfants ?

En effet, nous les accueillons durant toutes les vacances scolaires, sauf à Noël. On leur explique le fonctionnement de l’argile et ils réalisent eux-mêmes un bol en choisissant une technique, à la plaque ou au colombin, puis ils le récupèrent après séchage.

En savoir plus sur les ateliers des Grès Médocains

Et sinon, vous aimez quoi dans le coin ?

Comme j’habite ici, je vais me balader en forêt, ramasser des champignons, je vais me promener sur la plage, près des dunes, là où c’est autorisé bien sûr ! Nous aimons aussi les petits restaurants en bord d’océan ou côté Garonne.  

Du coup, qu’est-ce qu’on mange ?

L’un des plats typiques reste l’entrecôte à la bordelaise sur des sarments de vignes… pas au charbon de bois ! La viande ne doit pas être trop cuite et servie à la fin avec des échalotes qui relèvent son côté persillé. Nous sommes une région de chasse, donc on mange aussi du faisan, au four ou en cocotte, avec des pommes et du lard. L’hiver, on prépare des terrines de sanglier ou de chevreuil… 3 heures au four à 120 degrés dans un de nos plats et il n’y a plus qu’à se régaler ! 

Dans le Médoc, on peut encore voir de nombreuses petites granges appelées “courtious” qui servaient autrefois à protéger les moutons. Typiques du patrimoine local, elles étaient souvent fabriquées avec des briques en grès reconnaissables à leur aspect flammé. 
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